vendredi 10 avril 2015

La station Prouvé

Soirée surprise ou comment un déplacement professionnel à Nantes est l'occasion de voir une station Prouvé (merci Nicolas !!!).
La station - mardi 31 mars 2015

Un bâtiment de 13 faces pour la boutique et le logement à l'étage. Evidemment comme on est chez Prouvé, l'idée est de faire en 1969 un bâtiment construit en série, facilement montable et démontable pour TOTAL. En effet, la firme a demandé à Prouvé de réaliser cette commande pour répondre à un réseau en plein développement.
La station est éditée à 60 exemplaires. Nantes en a réhabilité une en 2009 qui sert aujourd'hui d'office du tourisme.
Les stations sont encore nombreuses en France : une sur la N20, une près de Besançon, d'autre sont vendues (de 36 000 à 90 000 euros).

Le détail qui ne trompe pas : les hublots de l'accès principal. Enjoy !

sur le même sujet : voir l'article du réseau national des micro et mobiles architectures, spécialiste en la matière.

jeudi 27 février 2014

Corbu dans le 13e

Nouveau boulot, nouveau quartier. A deux pas de mon usine (qui devra elle aussi absolument faire l'objet d'un article, mais on verra ça plus tard) j'ai trouvé ça :

Maison Planeix - façade sur boulevard Masséna

  des piloti (avec des vitrages, mais on voit quand même bien les piloti), 
+ des fenêtres étroites en longueure, 
+ un balcon en porte-à-faux 
= pas besoin de lire la pelle Stark située juste à gauche pour comprendre qu'on est face à une petite maison de ville de... Le Corbusier !!!

Une très belle petite maison de ville, très bien conservée à la différence de celle de Vaucresson (pas la ville Stein, non celle la, pas de problème), mais je parle de la villa Besnus située au 85 boulevard de la République :

J'espère que Catherine Lacour traite mieux les cheveux de ses clients... Mais revenons à Paris. Au 24 bis Boulevard Massena.

Antonin Plainex est sculpteur. Il fait fortune au landemain de la première guerre mondiale grâce à ses monuments aux morts (exactement comme les frères Martels qui, eux, feront appel à Mallet Stevens pour leur maison du 16 ème). Bref l'argent coule à flot, et Planeix s'offre les services de Charles-Edouard Jeanneret et de son cousin Pierre pour édifier en 1925 son logement et deux petits ateliers destinés à la location (en rez-de-chaussée). 
Le terrain est contraint puisque d'un côté se trouve le boulevard (bruyant) et de l'autre les voies de la petite ceinture. La lumière viendra du côté voies et de la toiture terrasse via deux sheds, comme on le voit bien sur cette coupe : 
extrait de "Le Corbusier oeuvres complètes" vol.2
La façade est animée par l'avancée en "bow-window" de la chambre. Mais pour éviter les nuisances sonores, il n'y pas de "window", le vitrage est sur les côtés. Il est malin Corbu.  Pour finir le travail, la couverture de cette avancée devient balcon au niveau supérieur. Que c'est beau !


dimanche 3 mars 2013

Visite du Musée du Louvre... avec des enfants.

Ok, avoir des enfants = plus possible de voir les expos du moment. D'où aucun post depuis trois ans sur une expo parisienne.
Une fois que ce constat est fait, on peut aussi aborder les choses sous un autre angle : comment j'arrive quand même à trainer les mômes au musée (collections permanentes), histoire de ne pas perdre le contact avec les oeuvres et au passage avoir l'illusion de transmettre une culture à mes enfants.

Je décide donc aujourd'hui de partager mon expérience parce qu'il y a, à mon avis, des petits secrets pour une visite réussie. Récit d'une visite du Musée du Louvre.
(En cliquant sur les mots en rouge vous ouvrez une fenêtre qui permet d'accéder à la notice de l'oeuvre.)

Les 4 piliers.
- 1/ Préparer les enfants deux jours avant en leur expliquant qu'ils vont aller au Musée du Louvre voir la Joconde (en leur montrant une reproduction du tableau).
- 2/ Impliquer les enfants : imprimer le plan du musée pour qu'ils se l'approprient et qu'ils partent au musée avec le plan dans les mains.
- 3/ Rapidité : Prendre ses billets à l'avance. Ne pas hésiter à opter pour la voiture (parking sous le musée) si le temps de transport en commun est trop long. Préparer un circuit court de 45 minutes maximum (ci-après ma proposition testée et approuvée)
- 4/ Passer par la case "souvenirs" (la boutique du musée)
Sujet armé de son plan

Le bon moment. 
Incontestablement en matinée. J'ai lu que c'est à ce moment que les enfants sont les plus réceptifs. Samedi matin était un bon choix, personne dans les rues (donc on y était en 30 minutes, pareil pour le retour à la maison), pas trop de monde au musée.

Le circuit pour les petits (Peintures Italiennes, françaises, Grèce, Antiquités Orientales, sculptures françaises en option)
C'est le circuit de tout bon touriste qui devra faire également dans la journée Versailles et Fontainebleau.

Premier arrêt : La Joconde.  Sous la pyramide se diriger vers l'aile Denon. Prendre l'ascenseur K vers le 1er étage. On arrive à l'arrière de la salle des États (massacrée par Lorenzo Piqueras mais ça, c'est un tout autre sujet...). En 3 minutes on se retrouve donc confronté à la Joconde (et aux touristes, mais c'est le jeu). Grand banquet de mariage quand on se retourne : les noces de Cana.
Remarque : La Joconde est très bien fléchée : il y a sa tête sur tout les panneaux avec une flèche en dessous. Si le gamin ne sait pas lire, il repère tout de suite l'image (qu'il connait depuis deux jours) et nous guide avec plaisir.

Trajet dans les oeuvres grecques : Traverser les peintures françaises et jeter un coup d'oeil furtif à Mme Récamier, le Sacre de Napoléon, le Serment des Horaces et l'Enlèvement des Sabines, pour arriver aux escaliers de la Victoire de Samothrace.
Descendre vers le Département des Antiquités Grecques (avec une petite halte en Italie salle 18 devant le sarcophage des époux, rebaptisé "le papa et la maman étrusques") pour aller dire bonjour à la Vénus de Milo. Traverser l'aile  Sully (côté grec, mais pas égyptien, on fera les momies et le scribe un autre jour) pour arriver dans la salle des Caryatides (salle 17) et s'amuser des magnifiques oeuvres grecques (enfin il s'agit de copies romaines, c'est une longue histoire...) et particulièrement l'Enfant à l'oie à l'échelle des enfants justement.
Ils sont où ses bras ?

À la recherche des taureaux : En sortant de la salle des Caryatides, descendre les escaliers, et traverser pour remonter de l'autre côté de l'aile Sully, vers les Antiquités Orientales (remontez au rez-de-chaussée, le but est d'arriver salle 4). Dire aux enfants qu'on cherche des taureaux. Les salles traversées sont l'occasion de croiser un formidable bestiaire qui parle beaucoup aux petits (et en plus, les salles sont toujours vides...). Petit arrêt obligatoire dans la magnifique salle 8 qui, outre les oeuvres de Suse (Iran IIIe millénaire avant JC), ouvre sur un angle inédit pour voir la Pyramide. Prendre sur la droite vers la salle 6 (toilettes si besoin) pour arriver au "passage secret" qui mène à la cour Khorsabad (Irak). Et là c'est la folie : des taureaux hors d'échelle avec des ailes, des têtes d'hommes barbus, cinq pattes... bref de quoi être émerveillés. Un peu plus loin toujours dans la même salle la frise de l'intérieur du palais qui offre la possibilité de chercher des bateaux, des poissons, des tortues...
la cour Khorsabad
de quoi faire une bonne soupe

Vers la sortie. Se diriger dans la salle 2. Si les enfants sont intéressés par les sculptures de la cour Puget, il ne faut pas partir tout de suite et faire un détour pour admirer Milon et Hercule, sinon prendre les escalators qui nous descendront vers la sortie. L'occasion pour les parents d'admirer la pierre de bourgogne et les lignes intemporelles qu'a dessiné Pei pour ces escaliers mécaniques qu'il a su si bien intégrer au palais (je crie au génie, et m'émerveillerai toujours devant le Grand Louvre).
L'architecture de Pei au service du Palais. Quel bonheur !

De retour sous la pyramide, passage obligé à la boutique "les enfants du Musée" et repartir, entre autres, avec le découverte Gallimard jeunesse consacré au Louvre.

Bonne visite.

à venir : circuit dans la Grèce pré-classique, les coptes et l'Egypte des pharaons !




jeudi 6 décembre 2012

Hommage (tarte à la crème) à Oscar Niemeyer : le siège du Parti Communiste

Dure journée pour les amoureux des années 60. Dave Brubeck et Oscar Niemeyer disparaissent tout les deux aujourd'hui, me laissant avec un petit doute sur la possibilité de retrouver un jour une époque aussi riche culturellement.

Ceux qui s'intéressent à l'architecture connaissent évidemment cet immense architecte qu'est Oscar Niemeyer. Mais comme une partie des lecteurs du blog sont des curieux qui ont soif d'apprendre, je me permets de faire un modeste post sur le siège du PC place du Colonel Fabien à Paris.
O. Niemeyer - Esquisse pour le siège du Parti Communiste

Les premières esquisses du projet sont réalisées en 1965, le bâtiment sera livré en 1971 (la coupole et le parvis en 1980) avec la collaboration d'autres maîtres d'oeuvre qui ne nous sont pas inconnus : Paul Chemetov et aussi Jean Prouvé qui réalise le mur rideau (voir article sur la tour Nobel de la Défense).
Le bâtiment en 2012 vu depuis la place du Colonel Fabien - Google map
L'édifice est en partie enterré afin de laisser un large parvis. Sous la large coupole on trouve donc le grand hall et surtout la merveille des merveilles : la salle du conseil nationale, tout droit sortie de 2001 l'odyssée de l'Espace !
Salle de conseil national - photo Alice Benusiglio




dimanche 28 octobre 2012

La gare Lisch à Asnières-sur-Seine - Comment sauver un bâtiment pourtant déjà inscrit à l'Inventaire Général ?

La gare Lisch est un monument inscrit depuis 1985 à l'Inventaire Général des Monuments Historiques. Pourtant il est dans un état de ruine.

Je ne suis pas pour tout sauvegarder, et je ne pleurai pas, par exemple, sur la démolition de l'entrepôt de la Banque de France situé Grande Rue Charles de Gaule toujours à Asnières (cette démolition est prévue dans le cadre d'un projet immobilier qui prend tout de même soin de réhabiliter le superbe bâtiment des archives). Pour la gare Lisch, c'est différent, non seulement elle présente des qualités architecturales (structure métallique) et décoratives importantes, mais en plus, il s'agit quand même d'un bâtiment conçu pour l'Exposition Universelle de 1878. Ça se conserve !

Bref rappel historique :  Juste Lisch, l'architecte de ce bâtiment, est également l'architecte de la gare St Lazare. On lui demande de réaliser l'embarcadère du Champs de Mars, terminus du tronçon de 3 km qui relie la petite ceinture (via la station Grenelle Ceinture) aux espaces de l'Exposition Universelle de 1878 (puis de 1889). La gare était située à l'angle de la rue de Suffren et de l'actuel Quai Branly. Son emprise est aujourd'hui occupée par le Centre sportif Emile Anthoine.
Extrait du plan de Paris, collection hachette - 1894

Car en effet, la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest ayant eu l'un de ses ateliers détruit lors du cyclone du 18 juin 1897, elle fit transférer la gare à Asnières, impasse des Carbonnets pour en faire un nouvel atelier. Ce bâtiment remarquable retrouva même sa fonction de gare de voyageurs entre 1924 et 1937, pendant les travaux de la gare actuelle de Bois-Colombes (autre bâtiment remarquable que je signale au passage et que l'on la doit à Urbain Cassan, l'architecte de la gare de Brest). 

Quelques vues du bâtiment initial provenant de "l'encyclopédie d'Architecture", publié en 1878.
Élévation latérale

Élévation de la façade principale

Plan de l'intérieur

Je ne présenterai pas de vues actuelles (c'est un peu trop démoralisant), on notera juste que le linteau et les tuiles vernissées n'existent plus. 

Soutenons la gare Lisch et espérons qu'un beau projet y fleurira rapidement, pourquoi pas une "cité du voyage".

dimanche 2 septembre 2012

Avoir des racines


Quelles sont mes racines ? Delphine Sz, à première vue en Pologne. Non, rien à voir, ça c'est l'histoire de mon A. 

La définition officielle est le lieu où sont enterrés nos ancêtres. En Franche-conté alors ? non plus,  la Haute-Saône n'évoque pour moi que deux séjours annuels obligatoires à Noël et au 15 aout du temps de mes grands-parents. 

Le lieu où je suis née. Poitiers. Aucun souvenir, j'en suis partie à trois ans. 

Et puis j'ai compris que mes racines à moi sont au Pêchereau, Indre. 
9 années. De trois à onze ans. Mon enfance. L'insouciance. Des parents qui veillent et se chargent de l'intendance. Pas (encore) de contraintes sociales. 
L'ennui, la liberté, la classe unique, la neige en hivers, la chaleur écrasante de l'été, mon vélo gris hérité de ma grande soeur.

Alors l'été dernier je suis aller retrouver un petit bout de mes racines. Au Menoux. Village typique de MA campagne. J'y ai retrouvé la chaleur d'aout, le "chateau" de mon enfance qui n'est en faite qu'une maison bourgeoise transformée aujourd'hui en chambres d'hôte. L'église de Carrasco (qui est mort, mais heureusement les couleurs de la nef sont toujours aussi vives que dans mes souvenirs).

Et puis ce petit gîte au milieu des vignes, le long du chemin qui descend vers la creuse. C'était bon. Mes deux A ont adoré et la petite passagère clandestine y reviendra pour de vrai. 

L'allée du Bourgoin

dimanche 20 mai 2012

Visite improvisée de l'Église du Raincy

Intérieur de Notre-Dame-de-la-consolation. Cliché DSz
Notre-Dame-de-la-Consolation (livrée en 1923) regroupe tous les ingrédients d'un projet voué à l'échec : pas de moyen, pas de temps (13 mois de travaux) et un terrain peu approprié (étroit et caractérisé par une forte pente). C'était compter sans le génie des frères Perret qui vont créer il faut bien le dire un hangar qui grâce à son volume intérieur et à la magnificence de ses vitraux devient la Sainte-Chapelle, cette Jérusalem céleste qui  "nimbent l'air de couleurs et de lumière".
Pour remédier au manque de moyen et au manque de temps Auguste et Gustave Perret vont utiliser le béton qu'ils maîtrisent bien depuis que ce procédé leur a permis de sauver le chantier du Théâtre des Champs Élysées (1913) et a couronné de succès la réalisation du garage rue de Ponthieu (1906). En effet, le béton armé  qui présente de grandes potentialités structurelles permet de créer une voûte qui s'appuie sur de simples colonnes et dispense l'édifice de contrefort extérieur mais aussi permet d'évider les murs pour qu'ils deviennent le support des vitraux de Antoine Bourdelle, Maurice Denis et Marguerite Huré.
Détail du vitrail - Cliché Fred

En ce qui concerne le terrain, les frères Perret utilisent judicieusement la pente pour loger dans le dénivelé les espaces de la sacristie et ainsi dédier aux fidèles la totalité du niveau accessible depuis l'avenue de la Résistance.
Arrière de l'édifice vu depuis l'allée de Verdun - Cliché DSz

Bref, une petite merveille classée Monument Historique en 1966, à ne pas manquer surtout qu'elle est à deux pas de la gare RER Villemonble-Le Raincy. Bonne visite !


dimanche 22 avril 2012

Une ville nouvelle de... 1631 en Indre-et-Loire

Ville nouvelle, ville qui naît d'une volonté publique, qui se construit en peu de temps sur un territoire au paravant peu ou pas habité.
On pense à Cergy-Pontoise, Evry, Saint-Quentin-en-Yvelyne, Marne-la-Vallée ou encore Sénart.
Un peu moins à Richelieu (37).
Richelieu - Vue aérienne Géoportail

C'est Jacques Lemercier (l'architecte du Palais Royal et de la Sorbonne) qui est chargé de construire cette cité idéale par devinez qui... le Cardinal de Richelieu.

Le plan retenu est de type hippodamien (du nom de l'architecte grec). La ville fait 700 mètres de long sur 500 mètres de large et s'étend autours de deux axes de symétrie : l'un Nord/Sud (la Grande rue) et l'autre Est/Ouest (rue Traversière).

Le visite vault vraiment le détours. Une fois dans l'enceinte c'est comme si on plongeais dans la carte. Les rues sont à angle droit et on comprend instinctivement où sont installées les différentes fonctions de la ville : La place du marché et les commerces à l'entrée, les écoles et lieux de culte à l'opposé.
À ne pas louper, la pause sur la place Louis XIII (à proximité de l'office du tourisme). Si le décors planté est bien du XVIIe siècle, l'atmosphère y est très 1960, en fait, le temps c'est figé.

La lecture de la notice de Pérouse de Montclos dans la "bible" sur l'architecture moderne (Histoire de l'architecture française) nous apprend que la ville n'a jamais eu un peuplement conséquent, et ne s'est jamais développée (on le voit d'ailleurs clairement sur la photo aérienne).
Projet raté donc, comme si on pouvais ajouter à la définition officielle de ville nouvelle la notion d'échec. Je fais ici allusion au concept des villes nouvelles sur dalle (Evry, Cergy-Pontoise) qui sont également aujourd'hui un échec total du point de vu des circulations

Bref pas facile de créer une ville... Rien de mieux qu'une bonne citée romaine à côté d'une voie de circulation ou d'un fleuve avec des édifices qui ne servent plus et dont on peut utiliser les pierres pour construire de nouveaux bâtiments.

Quoi qu'il en soit, Richelieu est une expérience urbanistique à vivre absolument si vous vous trouvez entre Chinon et Poitiers.

vendredi 6 avril 2012

La tour Nobel (ou Initiale) - Un dinosaure à la Défense...

Photo Martin Moreau la tour côté esplanade,
au premier plan les arbres lumineux de Takis.

Cette tour de bureaux de 31 étages a été livrée en 1966. Les architectes Jean du Mailly (CNIT) et Jacques Dépussé s'inspirent de la tour SC Johnson Wax Research de Franck Loyd Right (à Racine, au Nord de Chicago) et font appel à Jean Prouvé pour les aider à mettre en oeuvre la façade. C'est Prouvé qui trouve le moyen de faire tenir l'édifice tout en le dotant de murs rideaux (c'est à dire des murs qui ne tiennent rien !). Le bâtiment est facilement reconnaissable avec ces angles arrondis si caractéristiques (mais ça, c'est l'idée piquée au génial Franck Loyd Right).
J'ai toujours cru que c'était la Tour Nobel qui avait inspiré Tati pour Playtime, mais non, c'était la tour Esso aujourd'hui détruite pour laisser place à "coeur défense". Petite vue de 1966 : la tour Nobel est au premier plan, le cnit au fond, la tour ESSO est entre les deux.

Photo piquée sur le site de www.vision80ch13.org,
consacré à un autre bâtiment emblématique du quartier

Pas grand chose dans la base du ministère sur l'aménagement du quartier de la Défense, ça manque !!! J'ai quand même découvert en feuilletant la notice du CNIT que c'est Prouvé qui est intervenu pour réaliser les vitrages. Je ne le savais pas.

mercredi 21 mars 2012

La chapelle Saint-Daniel à Asnières-sur-Seine

En rentrant du parc, je suis toujours fascinée par cette église qui, après recherches, est en faite une chapelle. Nous sommes en plein dans les années 60 (1961 visiblement). L'architecte est Boiret. Georges ? Henry ? Felix ? Yves les fils de Georges ? Un petit jeune de l'agence de Georges Henry et Felix ? Si quelqu'un a des détails, je prends.
En parlent de détail...
J'adore !
Promis, un jour je rentre et je fais des photos des vitraux de Philippe Lejeune. 

Quand Tony Garnier ne construit pas à Lyon : l'Hôtel de Ville de Boulogne-Billancourt

"une usine municipale" est l'expression appropriée pour cette merveille réalisée par Tony Garnier (architecte) et André Morizet (maire et maître d'ouvrage éclairé).
C'est à l'occasion d'un mariage que j'ai eu la chance de pénétrer dans l'édifice et d'être eblouie par le décor intérieur de la salle des cérémonies.
Le dossier de la base Mérimée m'informe que Jean Prouvé a été l'ingénieur du projet. 
Le bâtiment est caractérisé par une distinction des 2 parties qui le composent : au Sud la partie de réception couverte de pierre de Comblanchien (où est située la salle des cérémonies)
et au Nord la partie administrative traitée en béton, plus austère. 
Photos N&B de M.Gravot publiées dans l'Architecte en 1934.

  

mercredi 22 février 2012

Un petit arrêt sur Roux-Spitz


C'est vrai, moi aussi je suis très émue par l'escalier créé par Michel Roux-Spitz en 1936 pour la Bibliothèque Nationale, on y passe à la sortie de la galerie de photographie (merci Céline de me l'avoir fait découvrir)


Élève de Tony Garnier, Roux-Spitz est surtout connus pour ses immeubles de logements somptueux (à Neuilley-sur-Seine notamment). Mais il a aussi oeuvré près de chez moi, à Gennevilliers, pour une usine de construction mécanique. C'est simple, efficace, beau, c'est du 1930 "brute" et c'est toujours visible aujourd'hui. 

mercredi 15 février 2012

Allégorie sur la toute puissance du hasard

Trois jeunes filles dénudées (nous sommes dans une allégorie, et dans les allégories du XVIIe siècle, les jeunes femmes sont en petite tenue) jouent au dés. La blague c'est de déterminer qui mourra en premier. Ça fait bien rire la mignonne assise à droite et qui vient de gagner. Mais bientôt ça va être... la tuile.

Le tableau est au Musée du Louvre; il est de Laurent la Hyre (vers 1630), il est intitulé les joueuses de dés ou la tuile et sera visible en 2013 après la réouverture des salles consacrées à la peintures française (Sully, 2e étage).

Le sujet est tiré d'un recueil de poèmes d'André Alciat publié en France en 1550, Emblemata.

jeudi 24 novembre 2011

Le fort du Chapus ou Fort Louvois

Encore un petit tour en Charente-Maritime.
Le fort Louvois (du nom du ministre de Louis XIV) garde fièrement feu l'arsenal de Rochefort (aidé par la citadelle du Château-d'Oléron, autre merveille qui mérite également de s'y arrêter).
Deux caractéristiques font de ce petit rocher au milieux de la mer un endroit très atypique :
- le fort est accessible à marée basse (pour savoir si vous pouvez y aller, il suffit de jeter un oeil ici)
- Le fort est en forme de fer à cheval, alors que les plans initiaux le prévoyaient ovale. C'est Vauban qui a décidé de ce changement histoire d'économiser les deniers de l'Etat. Espérons que l'idée ne revienne pas au goût du jour et que le Mucem de Rudy Ricciotti à Marseille recevra sa résille...

lundi 27 juin 2011

Fiche de lecture - "Zones" de Jean Rolin


C'est l'histoire d'un type qui part en vacances à la Porte de Clignancourt, à Nanterre Préfecture, à Sarcelles, à la cité du Luth de Gennevilliers et à Saint Denis - Grand Stade. C'est une photographie de ce qu'était encore la proche banlieue il y a 15 ans, avant l'interdiction de fumer dans les bars et l'invention du concept de "bobo" (deux notions que je ne peux pas condamner).
Ce petit texte de Jean Rolin est à découvrir ou redécouvrir cet été (il est en format poche), et pourquoi pas sur la plage, histoire d'oser regarder ce qui se passe derrière le périph, confortablement installé face à la mer...

dimanche 10 avril 2011

La Californie en Charente-maritime


Royan, Bourgade de pêcheurs devient au XIXe siècle lieu de villégiature de la gent bordelaise et charentaise accro aux bains de mer et au casino. Seulement voilà, pendant la seconde guerre mondiale, Royan est en zone occupée et est une base militaire allemande stratégique. Pendant 8 mois la ville est bombardée par les alliés pour enfin être libérée le 17 avril 1945. Le centre ville et le quartier de Focillion sont détruits à 85%. Il faut reconstruire et vite. Si au départ il était question de refaire à l'identique, Charles Ragazzoni, maire de Royan en 1946 décide que l'architecture de la Belle Époque n'est plus au goût du jour et qu'il faut du "moderne". Il faudra 4 ans pour déblayer les décombres et pour que Claude Ferret trace les grandes lignes du plan d'urbanisme de la ville.

J'ai passé toutes mes vacances de Toussaints, de Noël et de Pâques à l'Île d'Oléron. Nous avons fait Rochefort, le château de la Gateaudère, Brouage, l'Île d'Aix des dizaines et des dizaines de fois. Nous ne sommes jamais allés à Royan, parce que selon mes parents "c'est moche".
Je fonde ma propre famille, l'emmène à mon tour à l'Île d'Oléron, et là, je découvre lors d'une énième visite à la corderie de Rochefort que Royan à tout pour me séduire. Elle est officiellement la ville la plus 50 de France !
Le guide de Antoine-Marie Préaut en poche, nous voici partis dès le lendemain à la rencontre des cadres de façade, des brises soleil et des pavés de verre very fifties !


Je ne suis pas déçue. Le guide m'explique que les architectes ont eu pour bible le numéro de l'architecture d'Aujourd'hui consacré au quartier de Pampulha à Belo Horizonte au Brésil, oeuvre de Oscar Nieymeyer et qu'on entend au loin Desafinado en se baladant dans le quartier de Focillion, mais moi je suis plutôt à L. A. notamment quand nous nous retrouvons sur la placette formée par l'intersection des rues Louis Lair et du Chamoine Guibaud. D'ailleurs non loin de là, la villa Californie de Louis Simon confirme qu'ici c'est l'american way of life, soleil, la mer et la bagnole garée au pied de la maison.
En descendant rue de la Grotte, nous trouvons une "Prouvé" échapée de Meudon.

Petite mise à jour du 28/02/12 : super article (comme toujours) de David Liaudet sur le sujet : Royan, les rumeurs de la ville

vendredi 18 février 2011

Rainbow Hotel - Tel Aviv



Impossible de louper le Rainbow Hotel (ou Dan Hotel) lorsqu'on se balade sur la promenade (ha tayelet). J'ai trouvé ce bâtiment très laid au premier regard, mais une fois rentrée, je l'avais coincé dans la tête, comme un emblème de Tel Aviv. Et j'ai été bien contente de le retrouver dans le coin d'une photo.
Alors j'ai commencé à en parler et j'ai appris (merci Serge) que Yaacov Agam (le plasticien qui a sévi sur la façade) était également l'auteur de la fontaine située au centre de l'Esplanade de la Défense.
Je grandi (vieilli) et mes goûts changent. Il y a quelque années, j'aurais oublié ce bâtiment, aujoud'hui j'ai plaisir à le consigner dans ce blog.

mercredi 17 novembre 2010

Objet culte


Petite notice sur la chaise standard de Jean Prouvé. On la repère de loin avec ses pieds si particuliers à l'arrière. Jean Prouvé les a renforcés pour que les écoliers qui commencent à s'ennuyer ne tombent pas à la renverse en se basculant...

dimanche 11 avril 2010

L'expérience Bath (Angleterre)

Sur le chemin d'un petit coin de Paradis (Port Eynon, au sud du Pays de Galles), nous nous sommes arrêtés deux jours à Bath. Cette ville du Somerset est connue pour ses sources chaudes et les thermes (Aquae Sulis) qui ont été construits à partir de 43 après JC.

Mais la ville ne se résume pas uniquement au "Roman Baths". De mon point de vue, deux autres édifices ponctuent l'histoire de Bath : le Royal Cressent et SouthGate.


Le Royal Cressent (John Wood fils)
Il s'agit d'un ensemble de 33 maisons mitoyennes courant de manière semi-circulaire (enfin pas exactement comme on vous l'expliquera lors de la visite...) au dessus d'un pré offrant (lors de la livraison en 1774) une vue jusqu'à la rivière.
Edifice incroyable, planté en pleine nature. Oeuvre remarquable d'architecture, hors d'échelle comme peuvent l'être les saline d'Arc-et-Senan. A voir/vivre impérativement !


SouthGate (Chapman Taylor a qui ont doit pourtant la superbe réhab de la Gare de St Pancras à Londres...) - livraison de la 3e phase de travaux fin 2010.
Ensemble là aussi incroyable, ils l'ont fait ! Un temple du shopping construit en style "classic Georgian". En rasant le centre commercial 70'ies, Bath s'est offert face à la gare une follie de 35 000 m2 dédiée à la consommation (le projet intègre également en plus des commerces, 2 400 m2 de restaurants, 6 000 m2 de logements et un parking souterrain de 800 places...)
La déhambulation au milieu de ces allées est une expérience à vivre pour comprendre qu'après la fascination des romains pour les thermes, nous en sommes à la fascination pour la consommation (relire à ce sujet les recherches de Rem Koolhaas à la Harvard Design School sur la place des centres commerciaux dans notre société). Effrayant, déroutant mais finalement réellement fascinant.

mardi 2 février 2010

À VENIR : Visite guidée de la cité-jardins de Suresnes


En préparation : une visite guidée pour découvrir la Cité-Jardins (8 000 habitants) imaginée par Henri Sellier, maire de Suresnes de 1919 à 1941 et directeur de l'office des HLM (OPHBM à l'époque).
Cette visite sera l'occasion de revenir sur le concept anglo-saxon de Garden Cities (de l'anglais Ebenezer Howard), le courrant hygièniste, un premier exemple de recherche de mixité sociale, et de s'extasier devant cet exemple d'architecture année 1930.
Si on a le temps on fera également un petit tour par l'école de plein air de Lods (le grand copain de Prouvé...)

inscriptions ouvertes !